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2025-04-03T19:07:00+02:00

L’acouphène est un symptôme, un langage, ce n’est pas une maladie. Découvrons ensemble ce qu’il signifie. 

Publié par Anne-Marie Piffaut

L’acouphène est un symptôme, un langage, ce n’est pas une maladie. Découvrons ensemble ce qu’il signifie. 

Comme je l’ai expliqué dans mon livre sur les acouphènes[2], l’oreille produit du bruit physiologiquement. C’est normal. L’influx nerveux produit par les oto-émissions acoustiques qui se propagent le long des voies auditives périphériques puis le long des voies centrales pour arriver en zone sous-corticale auditive, au dessous du cortex cérébral sensoriel auditif. Le temps pris pour fournir les explications anatomo-physiologiques et  psychopathologiques n’est pas du temps perdu.

Le patient comprend « comment ça fonctionne », il bénéficie ainsi d’images mentales, de représentations mentales qui vont le tranquilliser. Il ne s’inquiète plus, lui qui imaginait avoir une tumeur malgré plusieurs IRM ayant éliminé une lésion. « Docteur, s’ils ne passent pas, c’est bien que j’ai quelque chose de grave ! »

Alors par provocation, ce qui pourrait se nommer « une annonce paradoxale », nous pouvons imaginer que « c’est une chance », parce que ce bruit tendrait à prouver que l’oreille est bien vivante et qu’elle prévient d’un dépassement des limites que le corps ne peut plus supporter.

  • Un confrère gastroentérologue entendrait  dire « Docteur mon ventre fait du bruit »,
  • une cardiologue « Docteur mon cœur est bruyant, je l’entends battre dans mon thorax ».

C’est normal, le corps fait du bruit.

Et dans le silence, cela peut vite devenir intolérable.

C’est pourquoi il est conseillé 

  • de sortir le plus souvent possible plutôt que de s’isoler parce que dehors le monde est bruyant et un niveau sonore élevé dans la limite du tolérable (pas d’excès) produit un effet de masque des acouphènes.
  • Parfois chez ces personnes qui ne sortent plus on peut détecter une phobie sociale (13% de la population). Le symptôme est alors un prétexte (erroné) pour ne pas sortir et ainsi éviter le regard des autres. Ça peut aller jusqu’à la peur des figures d’autorité par manque d’estime de soi ou de confiance en soi. C’est alors que seront enseignées les techniques d’affirmation de soi autrement nommées « apprentissage des compétences sociales » qui leur permettront de demander de l’aide quand elles en auront besoin, de refuser quand elles ne voudront pas, de faire ou recevoir des critiques. Ces critiques provenant des autres mais aussi d’elles-mêmes pour peu qu’elles écoutent leurs discours intérieurs. Normalement il n’y a pas de meilleur ami que soi-même mais c’est loin d’être le cas pour tout le monde. Ecoutez comment vous vous parlez, tous les noms d’oiseau dont vous vous affublez. Vous seuls pouvez en changer.
  • Le psychothérapeute vous guidera. Il n’est jamais trop tard pour traiter le passé, le présent et le stress à venir par anticipation anxieuse. Les psychothérapeutes expérimentés s’y emploient. Choisissez ceux qui possèdent plusieurs casquettes :
    • TCC[3],
    • EMDR,
    • EmRes[4]pour qu’ainsi les patients ne soient plus obligés de faire le tour de France à la recherche de solutions.

Des solutions, il y en a désormais et elles sont d’autant plus efficaces que les patients sont motivés et appliquent les consignes. Il suffit parfois d’une seule consultation pour que tout rentre dans l’ordre pour des patients qui ont consulté une multitude de praticiens. Dans les cas les plus complexes, plusieurs séances seront nécessaires. 

L’EMDR permet d’activer les réseaux de mémoire. Elle désensibilise ce qui signifie qu’elle permet aux émotions de s’atténuer et de disparaître. Souvenez-vous « Ce n’est pas tans l’acouphène qui est gênant que l’idée qu’on en a ». « L’idée qu’on en a », les cognitions, sont à l’origine de la majoration des troubles et le passé vient renforcer le présent autant de façon positive (les bons souvenirs) que de façon négative (les mauvais souvenirs). 

Un patient qui souffre d’acouphènes sera reçu en séances individuelles. Et pour ceux qui ont besoin de traiter leurs troubles de l’assertivité, des séances de groupe d’affirmation de soi sont proposées. Leurs principales indications sont la phobie sociale et la gestion des conflits interpersonnels. 

 

Pour les groupe d’affirmation de soi,  les personnes sont reçues douze séances. 

 

En conclusion. 

Plus on intègre de pratiques différentes adaptées et complémentaires plus la prise en charge est efficace.

 

Ma pratique porte sur 8000 patients traités de façon intégrative. La plupart se disent améliorés ou guéris en quelques séances.

J'ai suivi l’évolution de nos pratiques dans le temps depuis 1995, date à laquelle je me suis informatisée  ce qui m'a permis de suivre l'évolution de ma pratique. 

  • De 1995 à 2000 : 30 séances étaient nécessaires en moyenne, en proposant les TCC et les techniques d’affirmation de soi.
  • De 2000 à 2017 : 6 à 10 séances du fait de l’intégration d’autres thérapies à l’EMDR , hypnose et cohérence cardiaque. 
  • A partir de 2017 : 3 à 5 séances grâce à l’ajout d'EmRes 

Conclusion

« À parcourir les réseaux sociaux, dans les groupes de patients souffrant d'acouphènes, de la maladie de Menière, de l'hyperacousie et de la misophonie,  j’en viens à penser que les ORL auraient tout à gagner à approfondir leur formation. Les patients profitant d'une amélioration de leurs compétences, seraient alors mieux informés.
Car tant que les médecins ne se forment pas — ou refusent d’évoluer  — comment les patients pourraient-ils, eux, accéder au savoir ? »

Il y a des solutions et on ne devrait plus entendre "Habituez-vous", "vivez avec" sans rien proposer de valable. 

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